Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, I et II.djvu/700

Cette page a été validée par deux contributeurs.
312
PHILÈBE.

comment bien des circuits, nous a jetés, Philèbe, dans une question qui n’est point aisée. Vois qui de nous deux y répondra. Peut-être est-il ridicule, qu’ayant pris tout-à-fait ta place dans cette dispute, et m’étant engagé à la soutenir, je te somme de répondre, parce que je ne suis pas en état de le faire ; mais il serait, je pense, plus ridicule encore que nous ne puissions répondre ni l’un ni l’autre. Vois donc quel parti nous prendrons. Il me paraît que Socrate nous demande si le plaisir a des espèces ou non, combien et quelles elles sont ; et qu’il attend de nous la même chose par rapport à la sagesse.

SOCRATE.

Tu dis très vrai, fils de Callias. En effet, si nous ne pouvons satisfaire à cette question sur tout ce qui est un, semblable à soi et toujours le même, et sur son contraire, aucun de nous, comme l’a montré le discours précédent, n’entendra jamais rien à quoi que ce soit.

PROTARQUE.

Il y a toute apparence, Socrate. Mais s’il est beau pour le sage de tout connaître, il me semble qu’il y a un second degré, qui est de ne pas se méconnaître soi-même. Je vais te dire pourquoi je parle de la sorte. Tu nous as accordé cet entretien, Socrate, et tu t’es livré à nous, pour