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contré un homme qui entreprit de déterminer avec plus de profondeur l’élément scientifique des connaissances humaines, et par là la véritable méthode, et qui, au scandale de toute la philosophie contemporaine, trouva l’élément scientifique dans le caractère d’universalité et de nécessité qu’il assigna à une partie de nos connaissances. Toutes nos connaissances, pour parler la langue bizarre si l’on veut, mais précise et claire du philosophe de Kœnigsberg, contiennent une partie matérielle, c’est-à-dire des données extérieures et contingentes comme l’expérience, et de plus une partie formelle, c’est-à-dire empruntée à la raison, qui, intervenant avec ses lois, impose aux élémens isolés, divers et fugitifs de l’expérience et des sens, sa propre forme, un élément intellectuel qui les rallie et les coordonne et en fait des pensées, des propositions. Toute connaissance réelle est complexe, composée d’une partie matérielle et d’une partie formelle.