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cessité que l’impair fût périssable, le trois ne le serait-il pas aussi ?

Qui en doute ?

Si ce qui est sans chaleur était aussi nécessairement impérissable, toutes les fois que quelqu’un approcherait le feu de la neige, la neige ne subsisterait-elle pas saine et sauve ? car elle ne périrait point, et l’on aurait beau l’exposer au feu, elle ne recevrait jamais de chaleur.

Très vrai.

Tout de même, si ce qui n’est point susceptible de froid était nécessairement exempt de périr, lorsque quelque chose de froid approcherait du feu il ne s’éteindrait pas, il ne périrait pas, mais il sortirait de là dans toute sa force.

Nécessairement.

Il faut donc nécessairement aussi dire la même chose de ce qui est immortel. Si ce qui est immortel est aussi impérissable, il est impossible que l’âme, quand la mort approche d’elle, puisse périr ; car, selon ce que nous venons de dire, l’âme ne recevra jamais la mort, elle ne sera jamais morte, comme le trois, ni aucun autre nombre impair, ne peut jamais être pair ; comme le feu, ni la chaleur du feu, ne peut jamais devenir froideur. On me dira peut-être : Que l’impair ne puisse devenir pair par l’arrivée