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parait être plus essentiel à la vie, et surtout dans le même temps la perte de celui-ci est beaucoup plus grande. Soumis en effet à la double impulsion que lui communiquent les contractions du cœur et la réaction des parois artérielles, il s’échappe, disent les physiologistes, avec une vitesse telle, que dans l’espace de quelques instants presque tout le sang du corps vient se présenter à l’ouverture du vaisseau. Cependant quoique les hémorrhagies veineuses soient moins rapidement débilitantes, elles sont quelquefois plus embarrassantes pour le chirurgien parce qu’il est plus difficile de s’en rendre maître par la ligature ou la compression. D’ailleurs l’ouverture des gros troncs veineux à la racine des membres est plus grave que celle de l’artère correspondante, en ce sens, que la compression ou la ligature nécessaire pour arrêter l’écoulement du sang s’opposant au retour de ce liquide dans le cœur, le membre s’engorge et la gangrène peut s’en emparer.

Le lieu sur lequel se manifeste une hémorrhagie peut donner à celle ci une gravité toute particulière. Dans la trachéotomie par exemple, le sang peut en pénétrant dans les voies aériennes produire une prompte suffocation et par suite l’asphyxie et la mort.

Les funestes résultats de l’hémorrhagie ne se manifestent pas toujours d’une manière immédiate. La débilité extrême qui succède à une perte de sang considérable peut déterminer la mort trois ou quatre jours après l’opération. Cependant il est bon de faire remarquer, que les hémorrhagies consécutives sont d’autant moins graves, qu’elles se produisent à un moment plus rapproché de l’opération. Quand elles apparaissent le même jour où le lendemain, elles sont encore actives, c’est-à-dire résultent d’une incomplète oblitération des vaisseaux, et dans ce cas, à moins