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Page:Pierre de Coubertin - Pédagogie Sportive, 1922.djvu/9

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PRÉAMBULE


Le sport est le culte volontaire et habituel de l’exercice musculaire intensif appuyé sur le désir du progrès et pouvant aller jusqu’au risque.

Donc cinq notions : initiative, persévérance, intensité, recherche du perfectionnement, mépris du danger éventuel. Ces cinq notions sont essentielles et fondamentales.

En découlent trois conséquences :

Le sport n’est pas naturel à l’homme : il est en contradiction formelle avec la loi animale du « moindre effort ». Il ne suffit donc pas de lui fournir des facilités matérielles pour qu’il se développe ou se maintienne ; des incitants basés sur la passion ou le calcul lui sont nécessaires. Il convient d’interroger l’histoire afin de recueillir sur ce point les données de l’expérience.

Le caractère sportif est susceptible de se superposer à tout exercice musculaire comme aussi de lui faire défaut. On peut pratiquer le cerceau d’une façon sportive et l’aviron d’une façon non sportive. Il n’y a donc pas lieu de distinguer entre certains exercices qualifiés : sports et d’autres auxquels ce qualificatif serait refusé. D’où il suit que la technique sportive embrasse tout le domaine de l’exercice physique sportivement pratiqué, qu’il s’agisse de gymnastique, d’escrime, d’équitation, de foot-ball etc.

Le sport faisant appel à la contrainte sur soi-même, au sang-froid, à l’observation… relève de la psychologie autant que de la physiologie et peut réagir sur l’entendement, le caractère et la conscience. Il est donc un agent de perfectionnement moral et social.

Tel est l’ensemble des sujets que comprend la pédagogie sportive.