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Page:Pierre de Coubertin - Pédagogie Sportive, 1922.djvu/150

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pédagogie sportive

Édifices et jardins.

Les Américains sont les premiers dans le monde moderne à s’être avisés que les lieux consacrés à la culture musculaire pussent, sans nuire aux exigences techniques se revêtir de quelque beauté. Ils n’y ont pas complètement réussi. Les architectes ont tant construit de gares de chemins de fer, d’hôtels des Postes et de Casinos qu’ils arrivent difficilement à s’échapper des silhouettes habituelles à ces monuments. Ils s’attardent à concevoir de grandes halles où ni l’esthétique ni la technique ne trouvent leur compte. Leur idée semble toujours de réunir le plus de sports possible sous les yeux du plus grand nombre possible de spectateurs. Mais ce n’est là qu’une préoccupation de festival pour ainsi parler. Le gymnase grec ou les thermes romains ne visaient point à remplacer le stade ou le cirque. Ce qu’il nous faudrait maintenant, ce sont des projets de clubs équestres, nautiques, gymniques… moitié à couvert, moitié à l’air libre avec la possibilité d’y adjoindre d’autres sports si le club étend son programme d’action : des sortes de petites cités d’athlétisme en pierre, en briques, en bois… en terrain plat ou en terrain accidenté : projets pratiques, variés en même temps qu’originaux et artistiques ; ou bien alors des parcs sportifs avec les édifices indispensables, ouverts à tous et destinés à la population tout entière. Cela n’empêchera pas par ci par là de présenter des plans d’« Olympies modernes[1] »

  1. Tel était précisément le sujet du concours d’architecture ouvert à Paris en 1911 par le Comité International Olympique et dont les lauréats furent MM. Monod et Laverrière architectes à Lausanne. Leur conception magnifique a été popularisée depuis par l’image.