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Page:Pierre de Coubertin - Pédagogie Sportive, 1922.djvu/145

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action morale et sociale des exercices sportifs

ment, le rapprochement est tout à fait naturel et s’opère sans effort.

Un second point de vue est à considérer, celui du mariage et du nouveau foyer que le sportif créera pour lui-même. Le sport l’incitera-t-il ou non à cette création ? La hâtera-t-il ? La rendra-t-il plus saine et plus solide ? Sans rien exagérer ni se payer d’illusions, on peut répondre : oui. On le pouvait du moins avant la guerre[1]. La vague d’immoralité et de débauche que la guerre a déchaînée ne doit pas infirmer la confiance qui naissait alors, mais elle prouve toutefois qu’il s’agit d’influences fragiles et, si l’on ose ainsi dire, aisées à effaroucher. L’action moralisatrice du sport, en ce qui concerne le mariage ne peut s’exercer en force et en étendue que pour autant qu’elle ne soit pas contrariée par une opinion dévoyée et une littérature faisandée. Dès que, dans le monde actuel, se sera réalisé à cet égard un double retour à la raison et au bon goût, les sportifs seront à même de prouver par leur exemple qu’effectivement l’activité musculaire tend à ramener l’homme à la normale dans la conduite de sa vie.

Le métier.

On pourrait croire que le sport incline la jeunesse vers certains métiers, par exemple vers l’agriculture, l’art forestier, les travaux en plein air. Il n’y paraît pas. On ne saurait même indiquer qu’il l’incite aux carrières d’expansion, à la vie coloniale, à l’explora-

  1. Voir le remarquable travail présenté sur ce sujet au Congrès de Psychologie sportive de Lausanne en 1913 par M. Georges Rozet et publié dans le volume du Congrès.