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Page:Pierre de Coubertin - Pédagogie Sportive, 1922.djvu/143

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action morale et sociale des exercices sportifs

et la persévérance, l’effort énergique et réfléchi parviennent à suppléer dans une certaine mesure à ce que la nature n’a point donné et ainsi ses décisions peuvent être atténuées ou redressées en quelque manière, mais les avantages qu’elle a décrétés en faveur de tel ou tel demeurent avec toute l’apparente injustice dont elle est prodigue envers l’homme. Nulle part l’inégalité naturelle et l’égalité sociale ne se trouvent donc combinées aussi ouvertement ; et la leçon qui s’en dégage est bonne à recevoir et à méditer.

La défense.

À peine est-il besoin de marquer les liens entre le sport et le service militaire. Ces liens ne pouvaient demeurer longtemps inaperçus dès lors que le service à court terme s’établissait partout dans le monde. Les armées de métier d’autrefois non seulement redoutaient un apprentissage préalable portant à faux comme celui des bataillons scolaires, mais s’accommodaient volontiers de garçons non dégrossis pourvu qu’ils fussent solidement constitués. Leurs chefs, ayant le temps, préféraient la table rase à tout commencement d’entraînement. Ils se chargeaient d’éduquer entièrement leurs hommes, à leur guise. De nos jours on apprécie au contraire[1] le dégrossissement opéré par les sports. C’est autant de gagné sur le temps réduit dont on dispose. Peut-être même va-t-on un peu trop loin dans la voie nouvelle. Mais la chose est fort compréhensible au lendemain d’une guerre

  1. Celle évolution a été très lente. Instructifs sont à cet égard les débats du Congrès Olympique de Bruxelles en 1905