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Page:Pierre de Coubertin - Pédagogie Sportive, 1922.djvu/131

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action morale et sociale des exercices sportifs

poids servile du travail cérébral, doit devenir son associé habituel et honoré — 2° la collaboration effective du maître et de l’élève, du père et du fils, de l’ancien et du novice. Seule une telle collaboration consacre aux regards de la jeunesse le caractère viril et sérieux de l’exploit sportif en lequel il lui devient impossible de n’apercevoir dès lors qu’un délassement passager ; seule, d’autre part, elle fournit à l’aîné mêlé aux exercices des jeunes le moyen de s’en servir pour bronzer moralement ceux-ci[1] en même temps que la recette féconde pour rester jeune lui-même.

Action sur l’entendement.

On peut, reprenant un terme cher à nos pères et d’ailleurs bien adapté à ce qu’il prétend exprimer, grouper sous la rubrique d’« entendement » ce qui concerne la compréhension et la mémoire, la réflexion et le jugement, enfin les habitudes de pensée et de langage.

En ce qui concerne la compréhension, il n’y a point de raison pour qu’elle se trouve accrue et pour que le sportif soit, au sens étymologique du mot, plus « intelligent » que son égal non sportif. Nous en

  1. Il est rare que la volonté individuelle suffise, sans le service d’autrui, à assurer le bronzage. — Voir sur ce sujet la captivante autobiographie écrite par Théodore Roosevelt pour le Congrès Olympique de Lausanne (Psychologie sportive) en 1913 et publiée dans le volume des compte-rendus. Il semble que quelque chose d’analogue bien que moins voulu se soit produit dans la vie de Cecil Rhodes après son arrivée en Afrique.