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Page:Pierre de Coubertin - Pédagogie Sportive, 1922.djvu/118

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pédagogie sportive

Groupements sportifs.

La forme en est extrêmement variée. Si l’on considère leur durée ou leur périodicité, on peut distinguer les groupements permanents (comme le sont la plupart des sociétés) de ceux qui sont simplement temporaires ou encore intermittents. Le type des groupements temporaires, c’est le camp de sport qui surgit tout agencé, dure un temps déterminé et disparaît. Que si le camp est annuel et que le comité organisateur subsiste d’une année à l’autre, c’est bien un groupement intermittent : formule encore peu coutumière mais qui répond trop aux besoins actuels pour ne pas se répandre fatalement et dans tous les domaines. Elle s’affirme d’ailleurs çà et là par des succès probants. C’est le principe de l’intermittence qui sert de base à l’organisation militaire suisse si ingénieuse et pratique ; c’est à lui qu’il faudra recourir lorsque l’on voudra créer des universités ouvrières à la fois actives et économiques. L’intermittence sera le grand levier de la société égalitaire et les sports en bénéficieront tout particulièrement. En attendant le groupement permanent domine.

Si l’on tient compte des rapports des groupements sportifs entre eux, ils apparaissent libres ou syndiqués, selon qu’ils acceptent ou non d’aliéner une partie de leur liberté au profit du sur-groupe qui s’appelle une fédération. Nous traversons en ce moment une véritable crise de fédéromanie. Tout le monde veut se fédérer. Il y a beaucoup de bon dans le principe fédératif ; pourtant ce n’est pas une panacée et il n’est pas certain que, finalement, le sport en tire les grands avantages que ses adeptes paraissent en attendre.