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Page:Pierre de Coubertin - Pédagogie Sportive, 1922.djvu/110

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pédagogie sportive

leurs par la prédominance des préoccupations scientifiques. Pour la science, l’homme sain, l’homme normal, est physiologiquement inintéressant. Le physiologiste n’a pas davantage, au point de vue de son propre perfectionnement scientifique, à regarder fonctionner des rouages normaux. Il se détourne forcément vers l’anormal, vers le cas morbide ; il entraîne le sociologue dans cette voie ; il entraîne tout le monde. Il ne voit plus que cet homme là et c’est en l’observant qu’il pose les bases d’une législation créée de la sorte pour la minorité anormale et destinée à être appliquée à une majorité normale. Il importe de barrer la route à de telles habitudes d’esprit. C’est pourquoi, en sport, la méfiance de l’emprise médicale s’impose et pourquoi, d’autre part, l’état de santé doit toujours servir de base aux comparaisons. Ainsi quiconque veut progresser ou même s’entretenir doit sans crainte user du record et de la façon suivante : connaître les records du monde ; viser les records moyens ; noter ses propres records[1].

Dispositions personnelles.

« État de santé », cela ne veut pas dire, bien entendu, un état de perfection absolue dans lequel les germes de la déchéance future du corps se trouveraient complètement annihilés par des organes intacts fonctionnant sans accroc. Ceci ne se rencontre que de façon très exceptionnelle ou passagère. Nous avons en vue l’homme chez lequel tout « penche vers la

  1. Voir ce sujet développé dans Leçons de Gymnastique utilitaire, p. 44 et 45.