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le roman d’un rallié

du wharf, sortes de ponts-levis qui s’abattent au dehors, retenus par des chaînes, on voit la muraille métallique du paquebot… Une cloche sonne… Étienne monte à bord et, après avoir donné un coup d’œil rapide à sa cabine pour s’assurer que tout est en place, que ses bagages sont au complet, il va s’établir sur le pont d’où il regardera fuir New-York et le Nouveau-Monde.

Comme il fait gris et froid ! Ce climat est traître : 6 degrés au-dessous de zéro ; hier, il y en avait dix au-dessus. Étienne revoit rapidement l’emploi de sa dernière journée d’Amérique. L’avant-veille, il avait traversé l’Hudson presque à cette même place, arrivant tout droit de Washington et son après-midi s’était passée à faire des courses. Hier, libre de son temps, il a erré dans Broadway pour se distraire, est entré dans un musée ; plus tard, après le luncheon, il s’est rendu à Central Park et s’y est promené longtemps ; les feuilles tombaient ; elles formaient à la surface du petit lac des amas jaunâtres, semblables à des algues trop lourdes, pesantes sur l’eau. Les routes de Central Park étaient à peu