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leur différend avec le Vénézuela au tribunal de la Haye, elles prétendirent faire passer leurs créances avant celles des puissances non intervenantes, c’est-à-dire de la France, le premier des créanciers vénézueliens à tous les points de vue. Contre toute attente — et contre toute justice — le tribunal de La Haye admit cette exorbitante prétention. Ainsi pour s’être contentée d’agir par les voies pacifiques, la France était déchue de son rang de créance au profit des trois puissances qui avaient employé la force — et sans déclaration de guerre, au mépris par conséquent du droit des gens.

La rupture.

Castro ne parut savoir aucun gré à la France de sa modération et on put même le croire résolu à se venger sur elle de l’affront qu’il venait de subir de la part des trois puissances. Sous le prétexte en effet que, durant l’insurrection fomentée par son rival Matos, la Compagnie des câbles avait transmis des télégrammes favorables à ce dernier, le président-aventurier engagea contre