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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/99

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sabilité en un tel résultat, ne pouvait se résigner à l’accepter. Il avait du reste le sentiment d’avoir à plusieurs reprises généreusement résisté aux emballements guerriers de son entourage et il négligeait probablement de se rendre compte qu’il avait lui-même donné aux emballés licence de parler et d’agir par ses imprudentes et retentissantes initiatives du début.

Quoiqu’il en soit, l’empereur resta hanté par le désir de prouver à son peuple et subsidiairement à l’Europe que l’Allemagne avait eu à se défendre contre un péril certain, contre la menace d’une coalition. Le Maroc avait pu, en effet, n’être qu’un prétexte mais cette question marocaine avait été justement le prélude d’essai de la coalition ; on avait tenté d’en évincer l’Allemagne et c’est pourquoi la clairvoyance du gouvernement impérial lui avait fait choisir ce même terrain pour y combattre l’anti-germanisme à son point de départ. Telle était la thèse. Mais à qui ferait-on remonter la responsabilité initiale ? À la France ou à l’Angleterre ? Il était difficile de charger l’une contre toute vraisemblance et imprudent d’accuser l’autre sans preuves. On s’en prit une fois de plus à M. Delcassé. Tel fut le sens des confidences faites