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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/96

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la chronique

On sait avec quelle crânerie l’Angleterre répondit au projet de fermeture de la Baltique en envoyant sa flotte y manœuvrer et avec quel enthousiasme sans précédent elle accueillit d’autre part la visite de l’escadre française dont l’arrivée dans la rivière de Southampton établit péremptoirement que la marine de la République restait, par sa valeur professionnelle, l’une des premières du monde. Est-il besoin de rappeler enfin les exigences japonaises, le refus de la Russie de s’y soumettre et, au moment où tout le monde s’attendait à apprendre le rupture des négociations, le coup de théâtre d’une paix inespérée, condition secrète mise par la prudente sagesse d’Édouard vii au renouvellement et à l’extension de l’alliance anglo-japonaise.

Cette série d’événements sensationnels n’arrêtait en Allemagne ni les armements intensifs ni les articles acrimonieux et tendancieux. Après avoir été lent à admettre l’hypothèse de la guerre possible, il semblait maintenant que Guillaume ii eût peine à accepter la perspective de la paix assurée.