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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/82

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la chronique

née aux représentants de l’empire dans les divers pays pour les inviter à recommander l’adoption de la proposition chérifienne aux gouvernements près desquels ils étaient accrédités. Mais comme une grande bataille navale était imminente en Extrême-orient, on attendit d’en connaître les résultats. Quand la nouvelle arriva du désastre de Tsou Shima, il y eut un instant d’hésitation ; la Russie allait-elle s’avouer vaincue et une paix soudaine rétablir l’équilibre occidental au profit de la France ? L’empereur Guillaume avait des motifs de penser que, cette fois encore, le parti de la guerre l’emporterait à Pétersbourg. Du reste, l’affaire marocaine était trop engagée pour qu’on put décemment faire machine arrière. Il se décida donc pour une action outrancière et rapide. Ou bien la France céderait sur tous les points ou bien ce serait la guerre.

On risqua le tout pour le tout. La mission extraordinaire envoyée par le gouvernement de la République à Berlin pour le mariage du kronprinz fut reçue fraîchement. L’empereur attendit que les fêtes fussent passées pour témoigner au chef de la mission, le général de Lacroix, des égards particuliers insuffisants toutefois îl effacer le souvenir