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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/76

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la chronique

démarche, par un nouveau manquement aux usages consacrés de la courtoisie internationale, demeura sans réponse et le 28 avril M. Bihourd adressait à Paris une dépêche dans laquelle, avec la netteté et la clairvoyance dont il avait déjà fait preuve, il disait : « Les conseillers belliqueux ne font pas défaut dans l’entourage du souverain ; ils ne manquent pas de prétendre que la Double alliance a reçu en Mandchourie une atteinte grave. Dans ces conjonctures ils ont beau jeu à signaler l’heure présente comme propice à une lutte armée contre la France ». Et l’ambassadeur ajoutait ce conseil dont il eût fallu s’inspirer tout aussitôt. « Les négociations directes nous semblent en ce moment impossibles car les déclarations officielles les repoussent ou imposent à notre initiative des conditions difficilement acceptables ; mais la voie indirecte ne nous est pas fermée ». Cette voie indirecte, c’était l’Italie, alliée de l’Allemagne et amie de la France dont la médiation n’eut pas manqué dès lors à l’apaisement du conflit. On eût pu d’autant mieux y faire appel à ce moment que, le 29 avril, le roi Édouard vii arrivait à Paris venant d’Algérie et qu’ostensiblement ses longs entretiens avec le président de la