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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/63

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bon marché de la question du Maroc indiquant qu’elle ne concernait point l’Allemagne et qu’il n’avait pour sa part « rien à objecter au point de de vue allemand contre l’accord ». Ce n’était pas là, certes, l’avis des coloniaux et des Pangermanistes ; ceux-ci se remuaient sous main. La diplomatie allemande faisait preuve au Maroc d’un esprit d’initiative qui ne lui était pas habituel, préparant le terrain près du sultan avant même qu’une direction dans ce sens lui eût été donnée de Berlin.

Mais ce qui décida tout à fait l’empereur ce furent les lenteurs et les hésitations du gouvernement français à s’autoriser des accords conclus avec l’Angleterre et l’Espagne pour établir son autorité dans l’empire chérifien : lenteurs et hésitations qu’expliquait en les aggravant l’attitude d’une partie de l’opinion nettement hostile à l’entreprise marocaine. M. Jaurès menait à cet égard une campagne éloquente mais néfaste et c’est ainsi que ce pacifiste à outrance porte la responsabihté initiale des périls qui suivirent. L’opinion en France a toujours tardé à s’intéresser aux terres lointaines. Ce qui arrivait pour le Maroc était arrivé pour la Tunisie, pour l’Indo-Chine,