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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/59

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de france

les falaises, si l’on peut ainsi dire, au pied desquelles sa marche fatale l’avait conduit — et par conséquent de ne pas comprendre le danger d’une diminution de prestige, si minime fût-elle, survenant à un pareil moment de l’histoire. L’empire allemand, insistons bien sur ce point, n’avait subi aucune atteinte directe ; mais il est évident que le prestige de la République française l’affaiblissait indirectement en lui portant ombrage.

Delcassé eut parfaitement conscience de ce fait mais l’empereur et lui se manquèrent de quelques instants. Les premières ouvertures du ministre ne se produisirent pas à temps ; le dépit l’emporta à Berlin et l’on feignit de n’avoir rien entendu.

Le terme obligé de la politique Delcassiste, telle qu’elle achevait de se dessiner, serait d’ailleurs une entente amicale appuyée par des accords territoriaux et commerciaux entre la France, la Russie et l’Angleterre, avec l’acquiescement et l’appui probables des États-Unis, du Japon, de l’Espagne et de l’Italie. Avant la guerre russo-japonaise ce terme paraissait fort éloigné ; chose étrange, les défaites de la Russie le rapprochaient — et l’on savait déjà, à Berlin, que le cabinet de Paris plantait des jalons dans cette direction.