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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/58

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la chronique

précis. Le règlement si délicat de l’affaire de Fachoda, la médiation hispano-américaine, la démonstration de Mitylène, le rapprochement franco-italien, les accords franco-anglais, la négociation franco-espagnole, l’arbitrage de l’incident de Hull, la neutralité de l’Indo-Chine, tout cela exécuté sans que l’alliance franco-russe en souffre — voilà une œuvre d’ensemble, un bloc, si l’on peut ainsi dire, contre lequel aucun raisonnement ne saurait prévaloir. Cette belle activité était essentiellement pacifique dans ses résultats ; impossible d’y rien relever de belliqueux. Mais tant de succès répétés et retentissants ne pouvaient pas ne pas placer la République française au premier rang des puissances européennes ; l’hommage rendu au président Loubet dans la rade d’Alger par les nombreuses escadres envoyées pour le saluer fut comme le symbole de cette haute situation que les Français, aussi myopes quand il s’agit du présent qu’ils sont presbytes pour ce qui concerne le passé, ne surent pas apprécier autant qu’il l’eût fallu.

L’erreur de Delcassé fut sans doute de ne pas apercevoir assez tôt les difficultés intérieures devant lesquelles se trouvait l’empire allemand.