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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/36

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la chronique

rancunes ou une haine de races. Même après la dévastation du Palatinat, même après léna, le désir de la revanche, tempéré d’ailleurs par la double entrée des Alliés à Paris en 1814 et en 1815, ne tenaillait pas à ce point les cœurs germaniques que toute possibilité fut exclue d’une entente cordiale. En ce temps-là, du reste, la notion de l’unité demeurait étrangère à la plupart des Allemands ; un grand nombre s’étaient enrôlés dans les armées de Napoléon et l’avaient fidèlement servi jusqu’au bout contre leurs propres congénères. L’action napoléonienne s’était exercée abondamment sur la mentalité allemande et avait créé entre le grand empereur et ses victimes des liens étranges. Sa tyrannie ne leur était pas aussi intolérable qu’on eût pu s’y attendre. Ce qui les révolta, ce fut l’absurde instabilité qu’il fit régner partout. En 1808, par exemple, il créait le royaume de Westphalie, le doublait en 1810 pour l’amputer d’un tiers en 1811. Les populations, abasourdies par ces changements continuels, ne pouvaient plus nulle part compter sur le lendemain. Il y eut là — avec l’augmentation déraisonnable des charges fiscales et autres — un des principaux motifs de la