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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/34

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la chronique

rapide, il a pour ainsi dire la certitude d’entrer en triomphateur au jour fixé par lui dans la capitale de l’ancien duché de Lorraine. N’y aurait-il pas dans un semblable événement se produisant en 1906 — cent ans après léna — de quoi affoler l’Allemagne entière de joie et de fierté et, au milieu de cet affolement, la constitution politique de l’empire ne pourrait-elle pas être modifiée dans le sens qu’exigent les circonstances sans que l’opinion s’en émeuve et que les intérêts lésés ne se rebellent ? Seulement il faudrait pouvoir arrêter la guerre au lendemain d’un tel exploit et imposer aux belligérants une paix dont la modération surprît l’univers et le charmât en calmant ses inquiétudes. Et si la France, s’obstinant, allait reprendre Nancy ? Et si l’Angleterre, satisfaite d’une occasion propice, allait établir un blocus durable de façon à porter au commerce allemand un coup terrible ? Voilà des aléas ; eux seuls entravent encore — et faiblement — l’initiative incendiaire. Et le mal, c’est que, pour sortir de l’impasse Bismarkienne, il n’y a point d’autre procédé que l’incendie ou bien le recul.