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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/26

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la chronique

même d’une prochaine adhésion du gouvernement britannique à la Triple alliance. Il n’en pouvait être question encore mais la tendance au rapprochement prenait d’autant plus d’importance que les Anglais ressentaient quelque étonnement et quelque inquiétude à voir se cimenter d’autre part l’alliance franco-russe.

Le télégramme magniloquent adressé au président Kruger après le raid Jameson et plus encore l’hostilité manifestée envers les États-Unis lors de la guerre hispano-américaine (dans laquelle l’Angleterre avait pris chaleureusement parti pour son ancienne colonie) furent des fautes évidentes du moment que l’on visait à une entente anglo-allemande : évidentes mais réparables. Ce qui ne l’était pas ce fut l’attitude du peuple allemand au moment de la guerre Sud-africaine. Jamais la mentalité teutonne ne révéla d’une façon plus certaine son inaptitude politique ; avec une lourde et inlassable obstination, les Allemands rendirent vaines toutes les tentatives de leur souverain pour se concilier l’amitié de l’Angleterre. Dès lors l’entente anglo-française devait se nouer. Elle résultait moins des sympathies, pourtant très réelles, que la France s’était acquises en Angleterre