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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/240

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la chronique

compagne avait su retenir auprès d’elle les amis et les admirateurs de son mari. Ils l’avaient suivie du vieux logis de la rue Cassette à son home élégant des quartiers neufs ; ils l’eussent suivie jusque dans la banlieue sans doute tant ils trouvaient de charme à ses réunions hebdomadaires. On y rencontrait l’élite de la pensée française et, souvent aussi, de la pensée étrangère. Pour un peu c’eut été l’antichambre de l’académie comme c’était l’atrium de la Revue des Deux Mondes. L’effacement voulu de la maîtresse de la maison n’était pas une des moindres particularités de ce groupement. Peu de femmes d’une richesse d’information aussi vaste eussent résisté au plaisir de régner sur les esprits supérieurs assemblés dans sa demeure. Madame Taine ne voulait pas régner : c’est à peine si elle présidait. Sa préoccupation dominante consistait à mettre ses invités à même de profiter de l’échange d’idées qui s’opérait par ses soins et à en profiter elle-même. Elle y excellait, aidée par sa fille Madame Louis-Paul Dubois. Par ailleurs, sa vie remplie d’œuvres de bienfaisance et de fécondes initiatives ne lui laissait le loisir de s’adonner à aucun dilettantisme. Son goût ne l’y conduisait pas ; sa besogne en tous les