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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/236

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la chronique

certains actes de cruauté avaient été dénoncés ; l’opinion publique réclamait des informations précises. Le ministre des Colonies offrit à Brazza de remplir cette mission d’honneur. Certes, si on avait su à quel point était atteinte sa santé dépensée au service de la France, le gouvernement n’eut pas formulé une pareille proposition. Mais Brazza accepta joyeux ; son courage le soutenait. Il put mener à bien son entreprise suprême et mourut au retour, calme et fier en face de la mort comme il l’avait été en face des injustices et des souffrances de la vie. Sa patrie émue lui fit des funérailles triomphales et des hommages unanimes furent rendus à sa mémoire. Pur de toute compromission, resté doux et généreux envers les autres autant qu’il était dur et sévère pour lui-même, plus fort que l’adversité, Brazza avait enfin forcé l’admiration de tous les partis.

Monsieur le ministre.

On ne sait pas ce qu’aurait été M. Goblet s’il n’avait été ministre. Il était né pour cela ; à vrai dire il ressemblait davantage, quoique radical, à un ministre du roi Louis-Philippe qu’à un minis-