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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/230

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la chronique

un monde géographiquement agrandi et scientifiquement transformé. Il nous a initiés, enfants, à un grand nombre de merveilles qui, depuis lors, se sont réalisées sous nos yeux. Élevés dans le commerce de l’automobile et du téléphone, habitués à entendre discuter le « Plus lourd que l’air » et à rencontrer partout sous leurs pas l’électricité ingénieusement asservie, nos enfants sont dans un état d’esprit tout différent de celui dans lequel nous nous trouvions. Ils sont préparés aux inventions et aux découvertes de cet ordre. En ce genre, rien ne peut plus les étonner. Tout leur paraît possible. Or le charme de Jules Verne résidait pour une large part dans le perpétuel côtoiement du possible et de l’impossible. Vingt mille lieues sous les mers tenait à la fois du conte de fées et du journal de bord. Aujourd’hui, la distance qui sépare le sous-marin réalisé du sous-marin réalisable n’est plus assez grande pour que s’y meuve à l’aise l’imagination d’un garçon de douze ans. Il y a loin du malheureux Farfadet au magnifique Nautilus sans doute. Mais voyant plonger l’un, l’enfant s’attend à voir émerger l’autre. Jules Verne, il est vrai, ne s’en est pas tenu là. Il a écrit aussi des fantaisies d’un autre