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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/222

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la chronique

l’insubordination était devenue la règle, presque la règle quotidienne. Par la façon dont il s’était comporté vis-à-vis des ouvriers des arsenaux, M. Pelletan avait rendu ceux-ci intraitables. Leurs exigences ne connaissaient plus de bornes ; leur langage devenait chaque jour plus inconvenant ; un désordre sans précédent régnait dans les ateliers.

Le ministre de la Marine apporta à sortir d’un tel imbroglio beaucoup de doigté ; il ne commit pas la faute d’opérer un de ces revirements brusques qui, sous un gouvernement parlementaire, sont sans lendemain et dont la portée est d’autant moindre que le contraste est plus grand. Il rétablit son autorité et celle des amiraux peu à peu, sans secousse et sans paroles inutiles. Un jour vint où, les ouvriers se rebellant contre la réaction dont ils commençaient d’éprouver la rigueur, M. Thomson put leur dire en réponse à un manifeste dans lequel ils avaient proposé un vrai ultimatum : « Jamais un gouvernement digne de ce nom ne tolérera que des travailleurs associés à l’œuvre de la défense nationale outragent les chefs qui en ont la lourde charge. Jamais il ne tolérera qu’ils tiennent publiquement des propos