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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/22

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la chronique

des Samoa est venu compléter l’Océanie allemande. Mais, d’autre part, on a vu Guillaume ii renoncer à tous droits sur Zanzibar au profit de l’Angleterre afin d’obtenir d’elle la cession d’Héligoland, un petit îlot de la Baltique que les flots rongent et qui s’effrite rapidement ; il voulait en faire une station navale importante. Cet acte résume toute la pensée impériale ; des colonies, certes mais, avant tout, une flotte. Le souverain estime que, présentement, ce ne sont point les colonies qui manquent ; il sait, de plus, tout ce que l’émigration a enlevé à l’empire de ressources en hommes et en argent ; il n’a pu qu’être douloureusement affecté par la facilité avec laquelle les groupements ainsi formés au loin perdent leur physionomie nationale. En terre anglo-saxonne, le germanisme s’évapore pour ainsi dire, de la plus étrange façon. Ailleurs — au Brésil surtout — il résiste mieux et, quand il a le nombre pour lui, il arrive à se maintenir. Mais combien plus il s’affirmerait si le pavillon allemand sillonnait les mers.

Bismarck avait à ce point posé son empreinte sur la mentalité populaire que la répugnance à développer la marine était générale. On ne sau-