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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/217

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Le Grand-Orient s’empressa de profiter de la leçon et il s’efforça de tirer son épingle du jeu. Le 22 septembre, dans le convent maçonnique tenu à Paris, M. Lafferre donna lecture d’un manifeste dont l’assemblée approuva vivement les termes. On y lisait ceci : « L’obligation de la défense nationale ne peut être mise en question. Le refus de prendre les armes contre l’invasion, la provocation à la désobéissance aux lois militaires, la grève de l’armée active ou des réserves préconisée comme une réponse à l’appel de la patrie en danger sont incompatibles avec le devoir civique. L’obligation de maintenir l’indépendance nationale est aussi impérieuse que celle de défendre son foyer contre l’outrage ». C’était une sorte de sauve-qui-peut ; maintenant personne ne voulait plus avoir prêché la désertion. Il ne resta pour le faire que « la bande à Hervé », une poignée d’énergumènes qui placardèrent sur les murs de Paris, au moment du départ des recrues, une harangue enflammée les invitant à faire grève en cas de guerre et à garder leurs balles pour leurs officiers. Le résultat de ce beau geste qui fut imité dans quelques départements se trouva nul. Le départ des recrues s’opéra régulièrement comme