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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/215

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guerre à la guerre. Mais ils n’en seraient que plus résolus pour la défense de leur pays le jour où il serait l’objet d’une agression brutale ».

En septembre, la déroute de l’antimilitarisme s’accentua rapidement. Le président de la République française saisit l’occasion de la clôture des grandes manœuvres annuelles pour condamner hautement de pareilles doctrines. Comme M. Jaurès ergotant déplorablement se perdait en des distinguo sans fin, M. Clemenceau mena contre lui une campagne de presse d’une logique bien simple mais à laquelle les opinions avancées de l’auteur donnaient une saveur particulière. M. Jaurès n’arriva pas à se tirer de ce mauvais pas ; toute son éloquence n’y put rien. D’autre part, le congrès de la Paix de Lucerne entendit le langage énergique d’un des hommes les plus en vue de la Confédération suisse, M. Comtesse : « Il y a des pacifistes d’une nouvelle école, s’écria-t-il, qui voient la paix dans l’abolition des patries, dans le renoncement à l’idée de patrie et du devoir militaire. Nous ne voulons avoir en Suisse rien de commun avec eux et nous répudions leurs théories fausses et malsaines qui ne trouveront d’ailleurs pas d’écho dans notre peuple. Nous