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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/214

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la chronique

Il préféra nier le péril que de paraître s’en alarmer sans agir et l’action lui parut trop difficile à engager. On laissa ce soin à l’empereur d’Allemagne. L’effet de la médecine qu’il servit à la portion de l’opinion égarée par les sophismes pacifistes se faisait déjà sentir lorsqu’au mois d’août 1905, un grand congrès d’instituteurs s’assembla à Lille. Ces congrès devenus annuels constituent assurément un abus. Faute de les avoir interdits au débuts il devient difficile, d’y couper court ; c’est un des aspects de la question des syndicats de fonctionnaires acceptés par la République française avec une imprudente générosité car il ne peut sortir d’une pareille institution que des conflits répétés. Après s’être livrés à des manifestations propres à établir la persistance de leur mauvais esprit, les instituteurs réunis à Lille s’égarèrent dans de vaines et pompeuses dissertations sur l’enseignement de l’histoire ; ils aboutirent à déclarer que l’histoire ne devait pas servir à la culture des sentiments. Sentant que l’opinion réclamait d’eux autre chose, ils se mirent d’accord sur le texte d’un ordre du jour amphigourique ainsi conçu : « Les instituteurs français sont énergiquement attachés à la paix ; ils ont pour devise :