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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/212

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la chronique

entière. Du reste ils pouvaient se réclamer du grand nom de Michelet dont on leur répétait à satiété l’obscure et bizarre prédiction « La France déclarera la paix au monde ». Savaient-ils que le génie est presque toujours troué de taches obscures et parfois absurdes ou coupé de fissures imprévues et souvent insondables ? Naturellement ils poussèrent tout à l’excès. On les invitait à « faire disparaître des murs de l’école, les gravures représentant des scènes de violence » ; ils répondirent en traitant Napoléon d’« assassin » et de « fauve couronné ». On leur conseillait d’inculquer à l’écolier « l’idée d’un tribunal international d’arbitrage ». Ils proclamèrent la paix universelle « la plus douce des réalités ». Le dogme nouveau gagna de proche en proche. L’intolérance perça aussitôt. Une minorité courageuse releva le drapeau de Paul Bert et de Jules Ferry et se proclama patriote ; elle fut injuriée et vilipendée ; le gouvernement commit la sottise de ne point profiter d’une si belle occasion pour restaurer à la fois l’autorité du bon sens et la sienne propre. Dès lors, cela devint de la frénésie. L’avant-garde des réformistes proclama avec violence les sentiments les plus extrêmes, afficha les projets les