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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/211

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se placer, M. Hervé n’était pas à beaucoup près aussi dangereux que les inspecteurs ou les recteurs qui se permettaient d’inciter les fonctionnaires subalternes à utiliser leur situation pour la propagation d’une doctrine dont eux-mêmes se déclaraient partisans. Que cette doctrine fût bonne ou mauvaise, ancienne ou nouvelle, en vogue ou non, peu importait. Il n’y avait pas à discuter le fond. Il suffisait de rappeler à l’ordre quiconque, oublieux de sa mission, prenait indûment la liberté d’en modifier le caractère. Mais, comme l’a fait observer finement un rédacteur du Temps, on en était arrivé dans les milieux gouvernementaux à admettre que « tous les esprits affranchis devaient à l’internationalisme leur bienveillance sinon leur adhésion ».

Les pauvres instituteurs ainsi dévoyés par ceux-là même en qui ils s’étaient accoutumés à voir à la fois des chefs et des guides, se grisèrent de ces mots sonores et de ces perspectives impressionnantes. Ils n’étaient pas à même d’en découvrir le néant ou d’en rectifier les faussetés ; on les appelait en les comblant d’éloges à une sorte de sacerdoce laïque ; ils répondirent à l’appel avec un enthousiasme généreux. Leur conviction était