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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/210

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la chronique

atrocités dont elle est cause » mais de leur faire comprendre encore « à quels sacrifices inouïs la crainte des hostilités futures et les préparatifs de la défense condamnent les peuples ». Voici un inspecteur d’Académie qui déclare que « par l’école on arrivera à la fraternité des peuples ». Voici un recteur d’université, M. Payot qui conclut d’un calcul enfantin qu’« en vingt ans de travail un ménage d’ouvriers gagnant cinq francs par jour, se trouve avoir travaillé 400 jours pour payer les guerres passées » ou bien qui suggère aux lecteurs de son cours de morale cet admirable raisonnement ; « je suis marchand de fromage. En quoi une guerre victorieuse fera-t-elle de moi un chimiste expert ? » Dans le même temps, le trop célèbre professeur Hervé commençait de se livrer à ses retentissantes excentricités. La faiblesse du gouvernement en présence de ces manifestations fut inexcusable. Il était très aisé d’y couper court si la chose avait été prise dès le début. Des hommes comme M. Martel ou M. Payot sortaient absolument de leur rôle en tenant un pareil langage et ils invitaient les instituteurs placés sous leurs ordres à sortir également du leur. Tel était le terrain sur lequel il fallait