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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/209

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abnégations. D’où pouvait venir un changement assez complet pour faire, en peu d’années, de ces mêmes élèves des partisans acharnés du désarmement et des fanatiques de l’humanitarisme ? Interrogé à ce sujet, M. Devinat, directeur de la grande école normale d’Auteuil, a indiqué comme causes de ce revirement : la sécurité rendue au pays par la conclusion de l’alliance russe — la renonciation progressive à l’espoir de recouvrer l’Alsace-Lorraine par la force des armes — des « événements récents qui ont appelé les instituteurs à faire porter leurs critiques sur l’armée » — la confiance exagérée dans l’efficacité des idées d’arbitrage — enfin les préoccupations de la lutte des classes.

Tous ces motifs ont leur valeur mais ce sont des motifs de second ou de troisième rang. Au premier rang il faut placer la prédication d’une véritable croisade pacifiste, croisade qui mit en contact des rêveurs et des ignorants. L’utopisme des universitaires qui la prêchèrent, la naïveté intellectuelle des instituteurs qui l’entendirent sont à la base de toutes les explications plausibles. Voici par exemple l’inspecteur général Martel qui recommande « d’inspirer aux enfants l’horreur de la guerre » et non seulement de « leur décrire les