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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/202

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la chronique

caractère avant de la juger. Ce peut-être aussi bien une œuvre d’émancipation réciproque qu’un monument de persécution ; dans le premier cas, elle sera durable et éphémère dans le second. Le principal danger vient de ce qu’élaborée sous l’influence d’une politique de représailles envers le Saint-Siège, elle ne comporte pas toutes les précautions qui seraient utiles pour empêcher l’État de s’ingérer à nouveau dans les affaires de l’Église Or les Français sont, par leur tempérament et bien plus encore par leur développement historique, tellement accoutumés à entremêler les affaires civiles et — sinon les affaires religieuses — du moins les choses du culte qu’on ne les voit pas faisant soudain violence à leurs habitudes et résolus à tenir séparé ce que leur mentalité leur montre uni. D’autre part la discussion, tant devant le Parlement que dans la presse, a fait apparaître à gauche une méconnaissance absolue de l’état véritable de l’Église dans le monde, de sa force et des retours offensifs probables. C’est même une contradiction de la part des apôtres de la séparation car, si l’Église est en train de s’effondrer, il n’était pas besoin de se donner tant de mal pour l’abattre. Quoiqu’il en soit