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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/199

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cultative. M. Augagneur, député et maire de Lyon, socialiste de marque — qui fit du reste à son parti, peu de temps après, la surprise d’accepter le poste de gouverneur-général de Madagascar en remplacement du général Gallieni — proposa tout net d’en faire don à l’Église et cette générosité qui était à la fois d’un esprit juste et d’un politique habile provoqua un scandale parmi les radicaux ; ils crièrent à la trahison. La proposition de M. Augagneur fut repoussée.

Il est singulier que personne n’ait eu, dans les rangs de l’opposition, le courage de faire ressortir le caractère d’indemnité que revêtait le budget des cultes. Ce caractère, le Concordat ne l’avait pas spécifié[1] sans doute mais il ressortait jusqu’à un certain point des faits eux-mêmes. On l’a proclamé du reste hors de France dans une circonstance importante. En 1815, les Pays-Bas devenus maîtres de la Belgique avaient admis que la charge pour l’État de subvenir aux frais du culte et à l’entretien du clergé fut une conséquence directe de la confiscation des biens de l’Église opérée par la Révolution et rendue défini-

  1. Voir la Chronique de 1904, page 61 et suivantes.