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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/193

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de france

dire opposées et reposant toutes sur quelque parcelle de vérité. Mais une certitude domine, c’est que si l’on relève à travers les pontificats d’un Grégoire vii, d’un Innocent iii, d’un Boniface viii, comme à travers le concile de Bâle ou la pramagtique de Bourges, les traces d’une lutte incessante entre le pouvoir laïque et le pouvoir religieux, ce fut bien souvent à ce dernier qu’échut l’honneur de défendre les droits et la liberté des peuples contre les excès du despotisme.

M. Briand passa naturellement sous silence ce point de vue que des études probablement insuffisantes ne l’avaient pas préparé à accepter. Quant à la partie de son rapport dans laquelle il examina les législations étrangères, il en ressortit que nulle part la séparation n’existe telle qu’on veut la pratiquer en France car, là où les Églises se suffisent à elles-mêmes et ne reçoivent de l’Etat aucune subvention, une union morale subsiste qui porte peut-être plus de fruits que l’union matérielle et la bienveillance avérée des pouvoirs publics vient doubler pour elles les bienfaits de la liberté dont elles jouissent.

M. Charles Benoist, député de Paris, eut l’air de soutenir un paradoxe en établissant que le