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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/177

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ses travaux au delà de tout ce qui fut jamais demandé à une troupe armée ; et sa valeur militaire n’en a pas été diminuée. C’est ce dernier point qui mérite de retenir l’attention. La légion romaine se suffisait à elle-même et pouvait, à elle toute seule, construire une ville ; elle possédait des terrassiers, des maçons, des peintres ; elle possédait aussi des architectes, des ingénieurs et des sculpteurs. La pratique de n’importe quel métier s’accommodait avec le métier militaire : tout soldat se doublait d’un ouvrier. Sans examiner s’il n’y aurait pas là les éléments d’une solution des divers problèmes que soulève le militarisme contemporain, on peut dire que l’Afrique romaine a été en majeure partie l’œuvre des légions qui, non seulement, en ont conquis le sol mais en ont construit les routes, les aqueducs, les édifices. Les Français et les Européens en général n’osent pas demander à leurs soldats des efforts analogues, hormis lorsqu’il s’agit de fonder quelque poste avancé dans une région encore inconnue ou insoumise. Pourquoi ?…