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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/174

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la chronique

embellies au sens européen du mot mais il est peu probable qu’ils les aient embellies au sens arabe. Effectivement Kairouan, malgré la tristesse qui pèse sur elle et l’aridité qui l’environne, doit réjouir les regards indigènes — en dehors de son caractère de ville sainte — bien plus que Sousse, sa voisine, qui est riante et animée. Les quais d’Alger avec leurs jolies arcades et leurs squares, l’avenue Jules-Ferry à Tunis ou la grande place de Constantine ont-ils de quoi rivaliser avec une ville comme Timgad dont les ruines pénètrent encore les touristes d’admiration ? Non certes car ce sont là des apports d’Europe plus ou moins adroitement accolés à l’œuvre indigène. Ce n’est pas uniquement affaire de portiques et de statues ; évidemment nous délaissons beaucoup trop ces éléments primordiaux et inégalables de beauté architecturale mais, dans un autre ordre d’idées, nous savons également créer de l’impressionnant. On a dit et sans invraisemblance que le fameux pont Doumer à Hanoï avait beaucoup consolidé l’influence française au Tonkin. C’est que cette merveille cyclopéenne, jetée sur l’énorme Fleuve rouge, se dresse isolément devant les yeux stupéfaits des indigènes ; et comment leur stupéfaction