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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/172

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la chronique

la conquête moderne a marché beaucoup plus vite que l’ancienne et que la France, à cet égard, l’emporte sur Rome. Quiconque circule en Algérie actuellement est frappé de l’ordre qui y règne et de la façon dont y fonctionnent des rouages gouvernementaux rendus très complexes par le fait qu’aucune pénétration européenne ne peut s’exercer dans le bloc arabe et que, par conséquent, les deux sociétés vivent l’une près de l’autre, sans se mêler. Les statistiques indiquent tout ce que la France a fait pour développer les services publics, l’hygiène, la voierie, l’instruction, le commerce. La sécurité paraît complète et nulle part on ne rencontre de ces entraves de police à la liberté individuelle qui existent fréquemment dans les colonies.

Le prestige romain.

Sur trois points pourtant, les Romains paraissent surpasser les Français de telle façon qu’il n’y a pas seulement retard mais infériorité de principe entre eux. D’abord le prestige que revêt la puissance française aux yeux des indigènes est loin d’égaler celui qu’exerçait la puissance romaine.