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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/171

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de france

elle ne répondait à aucune réalité ; comme la notion moderne de la liberté n’existait pas davantage, d’où fussent venus aux Romains les scrupules qui plus tard ont souvent ému les Français, les ont fait réfléchir, hésiter, reculer même et de façon imprudente ? Le respect de l’indépendance d’autrui ne les retenait pas et, si même ils l’avaient ressenti, se sentant de race supérieure, ils auraient cru de bon cœur assurer le progrès et le bonheur des races inférieures en les asservissant. C’est là une croyance qui est, chez nous, à l’état intermittent et que nous professons, comme d’ailleurs toutes les grandes nations civilisées, mais sans oser aller jusqu’au bout des conséquences qui en découlent.

Si donc on tient compte : 1° du fait que la comparaison s’établit entre deux œuvres d’une durée très inégale puisque, comme nous l’avons déjà dit en commençant, les Romains ont occupé l’Afrique pendant plusieurs siècles alors que les Français y sont arrivés en 1830 seulement ; 2° des avantages considérables que les premiers eurent sur les seconds par suite des circonstances que nous venons de rappeler, il est impossible de ne pas reconnaître que, finalement,