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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/166

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la chronique

place de Carthage comme base d’opérations ? Alger n’est qu’un point quelconque de la côte exposé à se trouver presque complètement enveloppé par l’ennemi. Ce fut le sort qui créa cette inégalité. Ni les Romains ni les Français n’avaient songé à entreprendre une conquête méthodique en terre africaine. Rome fut incitée à poursuivre la destruction de Carthage parce que cette ville puissante paralysait son essor, ruinait son commerce et menaçait sa sécurité. La France, en réduisant Alger, vengeait la grave insulte faite à son honneur et mettait fin aux intolérables exploits d’une piraterie dont elle n’avait pas été seule à souffrir. Carthage incendiée, Alger occupé, les mêmes hésitations et les mêmes répugnances se manifestèrent à Rome et à Paris relativement à un avenir d’extension africaine. M. Gaston Boissier a fait remarquer avec beaucoup d’à-propos combien les débats sénatoriaux du Capitole et ceux du parlement de Louis-Philippe présentent d’analogie à cet égard. Ici et là, il se trouvait des coloniaux avides de tout annexer et des anticoloniaux soucieux de ne rien entreprendre. Le juste milieu triompha mais il fut impossible de s’y tenir dans aucun des deux cas. Les protecto-