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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/164

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la chronique

non de celles que nous nous sommes réservés d’atteindre mais de celles que nous avions atteintes effectivement il y a déjà vingt-cinq ans.

Il paraît tout simple, au premier abord, de considérer les progrès de la civilisation comme ayant largement facilité les choses à la France mais cette manière de voir ne résiste pas à la réflexion. Si l’on fait exception pour les transports de troupes par mer, rendus beaucoup plus aisés sur de grands navires à vapeur — et, peut-être, pour certaines améliorations des services de ravitaillement et d’intendance, il est évident que nous n’avons pas beaucoup bénéficié de la supériorité de notre outillage général sur celui des Romains. Et, par contre, ceux-ci ont eu sur nous de notables avantages dont voici les principaux.

Le premier a été le point de départ de la conquête. Prenez une carte de la Méditerranée et considérez les positions respectives de Carthage et d’Alger. La pointe avancée sur laquelle est située Carthage ne la rapproche pas seulement de la Sicile et de l’Italie ; elle dessine une espèce de poussée du continent africain dont les rivages, à droite et à gauche, semblent fuir comme pour laisser plus d’indépendance et de sécurité aux occu-