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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/160

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la chronique

riles de l’Australie et que, sans aller si loin, il n’est pas rare de noter dans le Turkestan des trains parcourant 160 kilomètres sans trouver d’eau. On sait désormais qu’il en est autrement du Sahara et que le sol des regs et des hamadas aussi bien que les gassis par lesquels sont séparés les groupes de dunes se prêtent mieux qu’aucun autre sol à la pose des rails. La question de la main d’œuvre n’est pas non plus pour causer de l’inquiétude. Le commandant Lamy raconte dans ses lettres comment, le bruit s’étant un jour répandu au Touat et au Gourara qu’on allait entreprendre des travaux à El Goléa, il vit arriver de véritables caravanes d’hommes demandant de l’ouvrage. « Moyennant 1 fr. 50 par jour, dit-il, nous pourrions avoir d’excellents ouvriers. » Ces salaires s’appliquent aux Saharas septentrional et central ; dans le Sahara méridional, où la population est beaucoup plus dense (on l’évalue à plusieurs millions) et la vie plus facile, la main d’œuvre serait à meilleur marché.

Si l’on jette un regard sur la carte et si l’on réfléchit aux perspectives qu’ouvre l’occupation de la région du bas Niger par l’Angleterre et à la concurrence qui ne saurait manquer d’en résulter, si