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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/146

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la chronique

le monde était d’accord pour déclarer qu’il n’y avait décidément rien à tenter dans cet ordre d’idées ; les sceptiques de la première heure en triomphaient ; ceux qui s’étaient laissé entraîner à un début de confiance confessaient leur erreur. Le public en général en tira une confirmation de la légende saharienne. Le simoun recommença de soulever dans les imaginations des montagnes de sable et le Sahara d’occuper dans la géographie une place négative comme un vide immense que nul avenir n’attendait et que nul effort humain ne réussirait à combler.

L’opinion pouvait penser ce qu’elle voulait. Le tort du gouvernement fut d’interrompre des recherches dont les éléments demeuraient toujours à sa disposition et dont, au moins, la science profiterait. Il eut d’ailleurs pour les reprendre promptement le meilleur des prétextes ; en effet, en 1890, une convention internationale procédant à une sorte de partage du continent africain en « zones d’influence » plaça presque toute la région saharienne sous la domination éventuelle de la France. Ou bien ces acquisitions nouvelles n’avaient aucune valeur et on avait agi maladroitement en acceptant de les considérer