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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/144

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la chronique

son côté, se garda bien d’assumer. Aussi le désarroi fut-il général. « Telle est la légèreté française, a pu écrire M. Paul Leroy-Beaulieu[1] et si peu habitués sommes-nous à persister dans un grand dessein que la mort de Flatters, simple accident qui n’avait que l’importance d’une infortune individuelle et non d’un désastre national fit, sans renonciation formelle, délaisser brusquement le projet de la construction du Transsaharien… Les Russes ont éprouvé de bien plus grands mécomptes dans leur carrière d’exploration ; ils ne se sont pas laissé arrêter par de très grands échecs, la disparition d’armées entières, comme celle de la première expédition de Khiva. Nous, parce que, non pas une armée ni même une colonne, mais une dizaine de Français accompagnés d’une soixantaine d’indigènes et pourvus de moins de trois cents chameaux, ont été tués par trahison et par imprudence, nous abandonnons une œuvre aux immenses perspectives ! »

  1. Le Sahara, le Soudan et les chemins de fer Transsahariens, 1 vol. Paris, Guillaumin et Cie.