Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/100

Cette page n’a pas encore été corrigée
88
la chronique

à un rédacteur du journal le Temps par le prince de Bulow en personne. L’ancien ministre des Affaires étrangères devenait ainsi le grand coupable, le criminel fondamental ; la France et l’Angletterre étaient seulement fautives de l’avoir suivi. On leur pardonnerait pour peu qu’elles eussent conscience de leur faute.

Et, par une coïncidence singulière, des « révélations » extravagantes parurent dans le journal le Matin connu pour s’être fait naguère interdire l’entrée de l’Alsace-Lorraine à la suite de paroles peu convenables à l’adresse de Guillaume ii. La version du Matin fut en grande partie confirmée — mais rectifiée sur quelques points essentiels — par la Dépêche de Toulouse, gazette de M. Jaurès. Il en résulta une polémique de presse aussi tapageuse que vaine. Le plan d’un blocus du canal de Kiel et d’un débarquement de cent mille hommes en Schlesvig Holstein par la flotte anglaise, plan présenté maintenant au public comme ayant été proposé par M. Delcassé au conseil des ministres français fit le tour de tous les journaux du monde et ceux d’Allemagne affectèrent d’en être grandement scandalisés. Ils partirent en guerre contre l’Angleterre réclamant d’elle un démenti officiel