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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/98

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la chronique

Cruelle énigme ! C’est encore à propos d’une statue qu’est née cette querelle-là. Il s’agissait d’en élever une à l’illustre écrivain, dans une province qui eut, si nous ne nous abusons, l’honneur d’être son berceau. L’initiative n’avait rien que de légitime et de rationnel. M. Aulard concède certainement que Taine mérite un monument dans sa ville natale et même un autre à Paris par-dessus le marché ; le moyen d’en espérer pour lui-même après sa mort, s’il dispute avec tant d’âpreté de son vivant les titres d’un talent aussi notoire ? Seulement voici où le bât le blesse. Aux yeux de M. Aulard, il est de tous points indispensable que la qualité d’historien soit retranchée de celles qui vaudraient à Taine les avantages du bronze ou du marbre. Qu’on le proclame philosophe, critique littéraire, voire même critique d’art, c’est fort bien : historien, jamais ! Le monde connaît pourtant une certaine Histoire des origines de la France contemporaine qui n’est pas sans avoir fait quelque bruit lorsqu’elle a paru. Taisez-vous ! C’est précisément cet ouvrage qui révolte M. Aulard, car ce dernier, de par d’officiels arrêtés, porte le titre sonore d’Historien de la Révolution et il n’admet point qu’on ose émettre,