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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/95

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le monde connaît cette pièce d’un rythme admirable et dont quelques trivialités éparses gâtent malheureusement la noblesse ; elle se termine par une litanie en l’honneur de Pallas et, probablement, cette litanie n’avait jamais été récitée nulle part devant une image de la déesse par la raison que de telles images n’existaient plus que dans les musées. Les sculpteurs modernes incarnent volontiers la sagesse comme d’ailleurs la beauté, la force ou la jeunesse, en des figures représentatives, mais ce ne sont que des figures ; Pallas est davantage ; c’est une déesse dont l’élite de l’Hellénisme spiritualisa le culte et dont la foule adora l’individualité, qui reçut des dons et fut servie par des prêtres, qui fit partie d’un Olympe assez peu recommandable, qui constitua enfin un centre certain d’idolâtrie. Et quand même ils se sont à tort et à travers réclamés de la Raison, les orateurs de Tréguier ont fourni, en somme, ce spectacle assez ridicule d’hommes sérieux chargés, en l’an 1903, de représenter dans une cérémonie purement laïque les pouvoirs publics d’un grand pays et qui, par haine mesquine du christianisme, ont prononcé des paroles et esquissé des attitudes d’adoration autour d’une